
La toiture couverte de panneaux solaires... on est dans le
tout petit quartier des maisons solaires.

En bande et mitoyennes pour profiter du solaire passif (la
façade est orientée au sud) et limiter les déperditions
thermiques par les pignons.
Le débord de la toiture et du balcon protège les
vitres du soleil d'été, tout en laissant pénétrer
le soleil d'hiver.

La façade nord présente peu d'ouvertures.
Les petites cabanes abritent les vélos et les poubelles.
L'allée est étroite, une voiture peut s'y engager
pour déposer les courses de la semaine, mais les manoeuvres
sont suffisamment compliquées pour décourager les
simples flémards et les visiteurs.

Divisant les balcons, un panneau tient lieu de protection
contre les regards et contre le soleil (principalement contre
les rayons obliques d'été le matin et l'après-midi)

Comme dans tout le quartier Vauban, une rue en U dessert le
quartier des maisons solaires, mais ici pas de trottoirs et pas
de stationnement pour les voitures.
On remarquera le lampadaire dont l'abat-jour limite la pollution
lumineuse vers le ciel tout en optimisant l'éclairemement
au sol.

Les cabanes abritant vélos et poubelles.

Les panneaux solaires et l'important débord de la toiture
qui sert de protection de la façade sud en été
(on est dans le sud de l'Allemagne).

En sous-face de la toiture, les boitiers électriques
des panneaux solaires.

Pour éviter toutes déperditions de chaleur,
la ventilation de chute des eaux vannes (habituellement placée
en toiture) est ici reportée en voirie, directement sur
les égouts.
Le débouché de cet évent doit être
le point haut de toute l'installation, ce qui rend cette installation
plus facile à mettre en oeuvre pour une construction basse
comme une maison individuelle, mais dans le quartier Vauban, même
les immeubles bénéficient de ce système,
la ventilation de chute traverse alors les coursives extérieures.

La ventilation de chute, en inox, très architectural.
Ailleurs, on trouvera des ventilations en verre...

L'isolation est plus performante et offre un meilleur confort
intérieur par inertie lorsqu'elle est conçue par
l'extérieur.
Cette isolation performante ne servirait à rien si la structure
du balcon n'était pas conçue de façon à
limiter les ponts thermiques !
Les balcons et coursives extérieurs ne sont donc pas conçus
comme des parties de planchers en porte-à-faux, mais comme
des constructions indépendantes posées à
côté des habitations.

En façade nord, on peut voir les débouchés
des ventilations.
Ici, pour être plus performante, il s'agit de ventilation
double-flux qui permet la récupération de la plus
grande partie de la chaleur de l'air rejeté pour chauffer
l'air neuf.

Entre deux bandes de maisons mitoyennes, la distance a été
calculée de façon que les appartements du rez-de-chaussée
bénécifient de soleil autour de midi, même
durant les journées les plus courtes de l'hiver.
Ici, on perçoit fortement l'opposition des façade
nord et sud, l'une fermée et l'autre ouverte.

Un simple fossé, comme utilisaient déjà
nos ancêtres, est encore la façon la plus naturelle
de contenir les pluies d'orage et de permettre leur infiltration
dans le sol, sans saturer le réseau urbain.
Rien n'a été conçu sur le quartier Vauban
pour réuiliser cette eau de pluie, la proximité
de la Forêt Noire rendant toute autre solution plus couteuse
en énergie (l'eau est ici abondante et circule par simple
effet de gravité, la Forêt Noire surplombant la région
de Fribourg).

Les espaces verts sont créés par les habitants,
chacun peut y installer une sculpture, une structure de jeux pour
les enfants, une composition florale, etc.

Un lapin en liberté entre un vélo et une poubelle
de tri... Pas de doute, on est bien dans le quartier Vauban !

Rejetée au pied du bâti par une gargouille, l'eau
de pluie termine simplement sa course sur le trottoir et coule
doucement vers le caniveau, puis vers les fossés bordant
les allées.
Sans voiture, ce schéma serait parfait, il en reste encore
quelques unes... Espérons que leurs propriétaires
sont suffisamment sensibilisés à la protection de
l'environnement pour vérifier qu'aucune ne perd d'huile !

Le tramway relira bientôt le quartier Vauban au centre
de Fribourg, distant de quelques kilomètres.
Un quartier que l'on souhaite sans voiture devrait évidemment
proposer des transports en commun : 4km à vélo
sous une pluie battante pour se rendre au travail ou 6 litres
de lait sur le porte-bagage... tout le monde ne peut pas être
un fanatique de l'écologie à ce point !
Les années à venir verront sans doute une diminution
du nombre de voitures.

Le quartier protégé des maisons passives souhaite
être un quartier sans voiture.
Pour y parvenir, beaucoup d'incitation : des garages à
vélo (les cabanes aux couleurs de chaque maison), pas de
trottoir, des voies étroites qui ne desservent rien de
plus que ce quartier, des parkings périphériques
et des panneaux pour rappeler aux visiteurs les règles
non écrites...

Partout de grands parkings à vélos, souvent
protégés de la pluie.

Si les voitures n'ont pas été totalement abandonnées,
les vélos ont eux bien été adoptés !

Ici, un parking souterrain invisible sous sa terrasse plantée.

Le revêtement des places de parkings laisse filtrer
l'eau de pluie, réduisant les surcharges du réseau
d'eaux pluviales lors des orages et évitant, puisque cette
eau part directement à travers le sol vers les nappes phréatiques,
un traitement inutile dans les stations d'épuration.

Le bois domine partout, mais les préoccupations environnementales
n'empêchent pas la recherche architecturale.
Ici, une des maisons passives.

Ici, des parcelles étroites, des architectures radicalement
différentes...

On retrouve la densité (qui réduit les déperditions
énergétiques), l'utilisation du bois, les garages
à vélos, la faible hauteur des habitations (qui limite l'effet
de masque sur les habitations voisines et dispense du recours
à l'ascenseur), etc.

Un des bâtiments, orientés est-ouest et donc
qui n'est pas une habitation passive, mais les immeubles présentent
souvent d'autres atouts environnementaux (chauffage par la centrale
du quartier, isolation renforcée, matériaux choisis,
etc.)
Ici, une façade en bardage bois.

Le bardage en bois a vieilli, on visualise les effet de moirage
suivant l'exposition aux intempéries.

Bois et vélos, c'est la partie la plus visible de l'effort
pour le développement durable du quartier Vauban

Pourquoi chauffer inutilement des couloirs et des escaliers
dans lesquels on ne fait que passer ?
Ici, les appartements sont pour la plupart traversant (indispensable
pour une bonne ventilation nocturne en été) et desservis
par des coursives extérieures qui tiennent aussi lieu de
balcon !

Des coursives et des passerelles pour partager l'ascenseur
et proposer tout de même un accès handicapé.

L'escalier hélicoïdal dessert ici des duplex traversants.

Une façade colorée face au quartier des maisons
passives.
En terrasse, orienté nord-sud, un logement construit suivant
les normes des habitations passives (le toit est incliné
vers le sud).
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Il s'agit avant tout d'un quartier
expérimental, issu du désir d'une poignée
d'écolos de mettre en oeuvre à l'échelle
de l'habitat collectif les solutions de construction environnementale
utilisées en habitat individuel.
L'impression générale est celle d'un microcosme :
c'est un tout petit morceau de ville, un quartier « BoBo »,
un grand bricolage... Pour la parisienne que je suis, ce
quartier m'a fait l'effet de ces vieilles maisons de villes,
mal conçues, mal orientées dans lesquels nous
autres parisiens « éclairés »
essayons d'injecter, avec plus ou moins de résultats,
nos principes QE...
De la même façon, le dessin des parcelles
du quartier
Vauban n'autorise pas partout la réalisation
d'habitations passives (il aurait fallu que toutes les parcelles
soient orientées nord-sud), la tracé
des rues laisse encore la part belle aux voitures
(mêmes si peu d'elles roulent !), le tramway
n'est pas encore en service, les magasins sont trop rares
pour assurer l'autonomie du quartier, etc.
Dans ce cafouillage, il n'est pas toujours facile de construire
à la hauteur de ses espérances, mais les habitants
du quartier sont heureux de s'y promener à vélo,
de laisser leurs enfants jouer dans la rue, d'y oublier
leur lapin !
Comme toutes les démarches expérimentales,
tout n'est pas parfait, loin s'en faut.
Mais on trouve, rassemblés sur quelques hectares,
plus d'innovations et de mises
en oeuvre de théories environnementales
que l'on ne pourrait rêver en trouver sur tout le
territoire français !
Voici donc quelques images et commentaires sibyllins, impressions
du quartier en général ou regards portés
sur des détails qui ont marqués mon intérêt
d'architecte à l'affût de solutions pour une
meilleure qualité environnementale. |
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